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Évaluation de l’efficacité des pièges utilisés dans le cadre de la lutte anti-vectorielle contre les moustiques Aedes vecteurs d’arboviroses : Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective

Abstract : L’Anses a été saisie le 9 novembre 2020 par la Direction Générale de la Santé (DGS) pour la réalisation de l’expertise suivante : « Évaluation de l’efficacité des pièges utilisés dans le cadre de la lutte anti-vectorielle contre les moustiques Aedes vecteurs d’arboviroses ». Présents sur tous les continents, les moustiques du genre Aedes (Ae. aegypti et Ae. albopictus notamment) sont responsables de la transmission d’arboviroses affectant l’Homme telles que la dengue, le chikungunya, le Zika et la fièvre jaune. Ces maladies sévissent principalement dans les régions tropicales et sont également parfois observées en Europe, notamment en raison de l’expansion géographique d'Ae. albopictus en lien avec le développement des activités humaines (transports de biens et de personnes, ainsi que changements climatiques) (Paupy et al. 2009; Akhoundi et al. 2018). Au cours des dernières décennies, l’incidence de la dengue a augmenté de manière drastique et des épidémies de chikungunya et de Zika ont émergé en dehors de leur aire de distribution d’origine. Ces émergences ont fait de la lutte contre ces arboviroses une priorité de santé publique (Diagne et al. 2021; Mayer, Tesh et Vasilakis 2017). Or, en l'absence de vaccin et de traitement curatif spécifique, le seul moyen de réduire le risque de transmission de ces arboviroses repose sur la lutte contre les moustiques vecteurs. Pour la période 1970-2017, l’impact économique des dommages et de la gestion des moustiques du genre Aedes à l’échelle mondiale a été estimé à 150 milliards de dollars. Pourtant, le pourcentage de financement dédié au contrôle des moustiques reste très faible par rapport à l’impact économique global des maladies dont ils sont responsables (moins de 5 % du coût total des impacts) (Diagne et al. 2021). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une stratégie de lutte anti-vectorielle (LAV) doit reposer sur une démarche de gestion intégrée dans une approche globale de santé publique incluant la prévention, la surveillance, le diagnostic et les traitements. Cette stratégie doit permettre d’améliorer l’efficacité, l’efficience, l’acceptabilité, la durabilité de cette lutte et de limiter ses impacts écologiques indésirables (WHO 2017). La LAV repose sur l’utilisation d’outils et le recours à des techniques différentes, selon le couple vecteur/agent pathogène ciblé, mais aussi selon les objectifs poursuivis. Elle peut viser la diminution des populations de vecteurs en dessous des seuils nécessaires à une transmission virale active ou l’évitement du contact hôte/vecteur pour empêcher la transmission de l’agent pathogène. Pour y parvenir, les moyens de lutte sont variés : lutte mécanique, aménagements de l’environnement, lutte biologique, génétique ou chimique (insecticides et répulsifs) et peuvent être utilisés de manière combinée, alternée ou synergique. Pour que la LAV soit efficace, les responsables doivent élaborer une stratégie intégrée tenant compte du contexte local et en particulier de la situation entomo-épidemiologique. La stratégie de LAV définie, orientée par la réglementation, doit être la combinaison optimale de plusieurs outils et techniques adaptés au contexte du territoire et aux ressources. Le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles a confié aux Agences Régionales de Santé (ARS) les missions de surveillance entomologique et d’intervention autour des nouvelles implantations de moustiques vecteurs, ainsi qu’autour des cas humains d’arboviroses. Ainsi, depuis le 1 er janvier 2020, les ARS sont responsables de la LAV et peuvent désigner des opérateurs chargés de réaliser les interventions autour du domicile et des lieux de passage des cas confirmés de dengue et autres arboviroses (chikungunya et Zika) transmises par les Aedes urbains. Ces interventions comprennent notamment la sensibilisation des populations à la prévention des maladies vectorielles et aux moyens pour s’en protéger, la suppression ou vidange des gîtes larvaires et le traitement larvicide, ainsi que le traitement adulticide contre les vecteurs (dont le but principal est de diminuer la longévité et la densité de femelles potentiellement infectées et donc susceptibles de transmettre l’agent pathogène considéré à de nouvelles personnes). Ces interventions doivent être réalisées conformément aux dispositions décrites dans l’annexe 3 de l’arrêté du 23 juillet 2019. Or, il est apparu que pour diverses raisons (notamment en présence de zones d’exclusion3 aux traitements insecticides), des pièges à moustiques adultes avaient été utilisés par certains opérateurs de LAV en complément ou en substitution aux traitements insecticides habituels. Or, l’arrêté susmentionné ne prévoit aucune solution alternative telle que les pièges pour lutter contre les moustiques adultes en cas d’impossibilité de mener une lutte périfocale basée sur des traitements adulticides dans un contexte de risque de transmission d’arboviroses. Aussi, afin de préciser la place du piégeage dans la stratégie générale de lutte contre les arboviroses, il est nécessaire d’étudier l’efficacité des pièges, que ce soit en routine (pour réduire les densités de moustiques) ou autour des cas (pour réduire le risque de transmission virale), notamment en se basant sur les données publiées dans la littérature scientifique.
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https://hal-anses.archives-ouvertes.fr/anses-03791588
Contributor : SOPHIE GUITTON Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Thursday, September 29, 2022 - 12:50:03 PM
Last modification on : Monday, October 3, 2022 - 9:31:14 AM

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Distributed under a Creative Commons Attribution - NonCommercial - NoDerivatives 4.0 International License

Identifiers

  • HAL Id : anses-03791588, version 1

Citation

Thierry Baldet, Pascal Delaunay, Frédéric Jourdain, Ronald Mora-Castillo, Marie-Marie Olive, et al.. Évaluation de l’efficacité des pièges utilisés dans le cadre de la lutte anti-vectorielle contre les moustiques Aedes vecteurs d’arboviroses : Avis de l’Anses. Rapport d’expertise collective. [0] Saisine n° 2020-SA-0150, Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. 2021, 64 p. ⟨anses-03791588⟩

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