Le dispositif de surveillance des résidus de médicaments vétérinaires dans les volailles et les œufs

Résumé : Les médicaments vétérinaires et les additifs utilisés en alimentation animale sont prescrits et utilisés intentionnellement, selon des itinéraires strictement encadrés (posologie, temps d'administration et de retrait avant l'abattage) pour garantir leur sécurité et leur efficacité. Toutes ces substances sont évaluées en termes de risque avant d'être autorisées et mises à disposition sur le marché. En particulier, l'usage des médicaments vétérinaires ne doit pas conduire à des concentrations de résidus excédant la limite maximale de résidus (LMR) dans les denrées alimentaires issues d'animaux exposés à ces substances. Par ailleurs, certaines substances sont interdites en production animale. L'évaluation des médicaments vétérinaires est conduite par l'Agence européenne du médicament (EMA). Elle permet la fixation des LMR dans les denrées alimentaires d'origine animale (DAOA), fondée sur la notion de temps d'attente, et à l'établissement de la liste des principes actifs autorisés (directive 2001/82/CE, règlement 2009/470/ CE). Plusieurs familles de médicaments vétérinaires sont autorisées chez les volailles : antibiotiques, antiparasitaires, anthelminthiques, anticoccidiens. En France, les anticoccidiens représentent chez la volaille la classe de principes actifs la plus utilisée, après les antibiotiques. Cependant, le nombre de molécules disponibles est restreint chez les poules pondeuses en raison de la production d'oeufs en continu et du risque de transfert des résidus dans l'oeuf. Les traitements s'effectuent essentiellement par la voie orale : eau de boisson ou aliment pendant cinq jours en moyenne. La voie parentérale représente moins de 1 % des lots. Le respect des temps d'attente est particulièrement délicat chez les poules pondeuses dans la mesure où le producteur doit retirer du marché sa production d'oeufs pendant le traitement et, dans certains cas, plusieurs jours après le traitement. Les molécules, qui ont obtenu une LMR pour les oeufs, ne dépassent pas le plus souvent cette LMR pendant les traitements préconisés par le vétérinaire. L'évaluation des additifs alimentaires est conduite selon le règlement 2003/1831/CE par l'Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA). Certains des additifs coccidiostatiques, autorisés chez les poulets de chair, les dindes ne sont autorisés chez les poulettes destinées à la ponte que jusqu'à l'âge de 12 à 16 semaines. Tous les additifs antibiotiques sont interdits dans l'Union européenne depuis le 01/01/2006. Objectifs du dispositif de surveillance-Références réglementaires Les plans de contrôle officiels visent à relever les traces éventuelles de résidus de médicaments, dans la viande (muscle) et les oeufs, dont le risque en termes de santé publique a été préalablement évalué et a conduit à la définition des LMR dans ces denrées pour les substances autorisées (règlement (UE) N° 37/2010). Les médicaments contenant les substances autorisées sont soumis à une évaluation en vue de la délivrance d'une AMM conduisant à la détermination des temps d'attente à respecter entre la dernière administration du médicament et la commercialisation des produits issus de l'animal (viande, oeufs, abats). Le respect des modalités d'utilisation (voie d'administration, posologie) et du temps d'attente permet de garantir avec une très forte probabilité des niveaux de résidus inférieurs aux LMR et une absence de risque toxicologique pour le consommateur. À côté de ces plans visant les substances autorisées ou non dans la filière volailles, d'autres plans de contrôle officiels ciblent les substances actuellement interdites en production animale, telles que le chloramphénicol, les nitrofuranes et les nitroïmidazoles. Les prélèvements sont inopinés et ciblés. Ils sont réalisés selon les modalités fixées par la décision 98/179/CE. Le dispositif de surveillance des résidus de médicaments vétérinaires dans les volailles et les oeufs Brigitte Roudaut (brigitte.roudaut@anses.fr) (1), Isabelle Fournet (isabelle.fournet@agriculture.gouv.fr) (2) (1) Anses, Laboratoire de Fougères, Laboratoire de référence résidus de médicaments vétérinaires, Fougères, France (2) Direction générale de l'Alimentation, Bureau des intrants et de la santé publique en élevage, Paris, France Dispositif de surveillance des résidus de médicaments vétérinaires dans les volailles et les oeufs Résumé Certaines substances chimiques introduites de manière volontaire (médicaments vétérinaires, additifs) ou frauduleuse (substances interdites) dans l'alimentation (eau de boisson, aliment) des volailles sont susceptibles d'être transférées vers les muscles chez les volailles et aussi vers l'oeuf chez les femelles pondeuses (poule, caille…). Dans l'Union européenne, alors que certains antibiotiques sont enregistrés en tant médicaments vétérinaires (règlements 470/2009/CE et 37/2010/UE), la plupart des anticoccidiens sont enregistrés comme additifs selon le règlement 1831/2003/CE, relatif aux additifs destinés à l'alimentation des animaux. Le présent article a pour objectif de présenter un bilan des résultats des plans de contrôle français pour les antibiotiques, anthelmintiques, anticoccidiens et antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans les muscles de volailles (poulet de chair, dinde, autres volailles) et dans les oeufs (poule, caille) pour l'année 2015. Les résultats montrent que les volailles et les oeufs commercialisés sont en grande majorité exempts de résidus de médicaments vétérinaires. La mise en place du Paquet hygiène devrait permettre de diminuer encore le taux de non-conformité pour certaines de ces substances et de garantir les produits vis-à-vis de ces risques. Mots-clés Plan de contrôle, plan de surveillance, volailles, viande, oeufs, antibiotiques Abstract Surveillance of veterinary drug residues in poultry meat and eggs Some chemicals introduced intentionally (veterinary drugs, additives) or illegally (banned substances) in the diet (drinking water, feed) of poultry are likely to be transferred to the muscles and also to the egg in laying females (hens, quails, etc.). In the EU, while some antibiotics are registered as veterinary drugs (Regulations (EC) No 470/2009 and (EC) No 37/2010), most coccidiostats are registered as additives in accordance with Regulation (EC) No 1831/2003 on additives for animal feed. This paper aims to present the results of French control plans for antibiotics, anthelmintics, coccidiostats and non-steroidal anti-inflammatory drugs (NSAIDs) in poultry meat (broilers, turkeys, other poultry) and eggs (hens, quails) for 2015. The results show that most poultry and eggs are marketed free of veterinary drug residues. The implementation of the Hygiene Package should further reduce the non-compliance rate for some of these substances and guarantee products against these risks.
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Bulletin épidémiologique : santé animale, alimentation, ANSES, 2017, pp.37-41. 〈http://bulletinepidemiologique.mag.anses.fr/sites/default/files/2017-02-20_%20ANSES%20BE%2077%20SSA_CS6_bd.pdf〉
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Contributeur : Emmanuelle Chiffoleau <>
Soumis le : vendredi 17 novembre 2017 - 16:55:31
Dernière modification le : mardi 21 novembre 2017 - 01:20:05
Document(s) archivé(s) le : dimanche 18 février 2018 - 16:54:48

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Brigitte Roudaut, Isabelle Fournet. Le dispositif de surveillance des résidus de médicaments vétérinaires dans les volailles et les œufs. Bulletin épidémiologique : santé animale, alimentation, ANSES, 2017, pp.37-41. 〈http://bulletinepidemiologique.mag.anses.fr/sites/default/files/2017-02-20_%20ANSES%20BE%2077%20SSA_CS6_bd.pdf〉. 〈anses-01637641〉

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